Une gestion de conviction à l’épreuve du temps

Brexit : 1 ; Europe : -1

24/06/16

Le Royaume-Uni l’a décidé : il quitte l’Europe, à la surprise des derniers sondages qui prédisaient la remontée et la possible victoire des pro-européens.

Cette sortie annoncée nous entraîne à présent dans des scénarii inédits, économiques et politiques.

Politiquement, que va-t-il se passer ? Contrairement à la zone euro, dont les statuts ne prévoient pas de dispositif pour la sortie d’un pays, l’Union Européenne, depuis l’adoption du traité de Lisbonne en 2009 et de son article 50, a défini les modalités qui organisent le processus de sortie d’un pays membre. Une fois que le gouvernement britannique aura officiellement signifié au Conseil Européen sa décision de sortir de l’Union Européenne, des négociations vont débuter entre Bruxelles et Londres afin de définir un nouveau cadre de partenariat entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne pour l’accès au marché unique. Compte tenu de la densité des flux d’échanges qui est considérable, l’enjeu de ces tractations sera principalement de définir la politique de droits de douane qui sera appliquée aux échanges de biens et services et les conditions de mobilité des personnes en activité. La période de négociations peut être assez longue puisqu’elle peut durer jusqu’à deux ans et peut même être prolongée le cas échéant. Cette longue période de négociation sera porteuse de fortes incertitudes économiques et politiques défavorables à l’Europe en général mais plus particulièrement au Royaume-Uni.

Le vote au Royaume-Uni ouvre également la voie à un risque d’extension des velléités de sortie, de la part d’autres pays. Rappelons que la Suède et le Danemark ne participent pas, comme la Grande Bretagne, à la monnaie unique. Ils disposent donc de la même « option », et pourraient être tentés. La Pologne et la Hongrie, dont les populations souhaitent jusqu’à présent rester dans l’Union Européenne, ont des gouvernements eurosceptiques. Les Pays Bas pourraient y réfléchir aussi.

L’enjeu politique apparaît donc majeur, et la réaction des dirigeants européens sera déterminante. Deux réactions sont envisageables : être accommodants avec la Grande Bretagne pour résoudre au plus vite la situation et réduire au maximum la durée d’incertitude, ou  privilégier la fermeté, pour ne pas donner de « prime » ou d’encouragement à la sortie pour d’éventuels autres candidats. Les opinions européennes convaincues du « in » ne le comprendraient probablement pas non plus.

Economiquement, les Banques Centrales européennes avaient anticipé le scénario de « Brexit » et se trouvent à la manœuvre pour stabiliser les marchés financiers. Elles interviennent également, circonstance favorable, dans un contexte différent de situations antérieures, où elles devaient affronter des problématiques de crise systémique.

Quelles sont les conséquences macro-économiques du Brexit ? La majorité des études réalisées depuis l’annonce du référendum conclut à une perte de croissance au Royaume-Uni d’environ 4 à 8 points sur les 3 prochaines années, ce qui signifie que l’économie britannique connaîtrait à court terme (6-9 mois) une récession, puis un taux d’expansion assez faible.

Les raisons principales viennent de la baisse de confiance des agents économiques, de la hausse possible de l’inflation résultant de la baisse de la livre, des incertitudes sur l’avenir de la place financière de Londres.

L’Europe sera mécaniquement touchée à travers les exportations qui devraient ralentir, mais, plus important encore, l’enjeu portera comme en Grande Bretagne sur le maintien de la confiance des acteurs économiques. Là aussi, l’action des Banques Centrales sera déterminante.

Sur les marchés enfin, sans surprise, les indices boursiers reculent fortement. Les obligations d’Etat allemandes constituent la valeur refuge, comme également l’or, ou certaines devises comme le franc suisse.

La devise britannique plonge face au dollar. Les indices de volatilité augmentent également fortement. Les spreads de crédit s’écartent sur les pays périphériques.

Dans ce contexte, le savoir faire de Tocqueville Finance, basé sur la connaissance des sociétés et la sélection soigneuse des titres, constituent une sécurité dans les phases de marché houleux.

Les fonds de Tocqueville Finance ont su traverser les tempêtes, en prouvant l’efficacité de leur modèle de gestion. Les navigateurs expérimentés savent qu’il faut du vent pour accrocher les meilleures performances. Le vent est arrivé…